par Pascal Marichalar, sociologue et historien, chargé de recherche au CNRS
Résumé :
Au tournant des années 1960, les principales institutions astronomiques états-uniennes et européennes ont commencé à construire des télescopes géants sur deux sites, le volcan Mauna Kea de la grande île d’Hawai’i, et un petit nombre de montagnes dans le désert d’Atacama au nord du Chili. Aujourd’hui encore, ces sites sont reconnus comme les meilleurs au monde pour l’observation dans le visible et l’infrarouge proche, plusieurs dizaines de télescopes optiques y ont été construits et d’autres y sont projetés. L’histoire des sciences se cantonne classiquement au récit des configurations institutionnelles, des personnalités pionnières et des grandes découvertes qui ont fait l’histoire d’un site. Dans cette communication, je propose de montrer l’intérêt d’intégrer d’autres dimensions dans ce type de récit historique : les arrangements fonciers qui ont permis à des scientifiques étrangers de s’arroger des droits d’usage exclusif sur des sites remarquables ; le rapport des scientifiques aux logiques coloniales et à la politique locale, en particulier en temps de crise ; la question des retombées économiques pour la communauté locale ; le rapport avec les scientifiques locaux ou autochtones ; la prise en compte, et la modification, de l’environnement naturel. Pascal Marichalar est auteur du livre : La montagne aux étoiles. Enquête sur les terres contestées de l’astronomie, Paris, La Découverte, 2024.
laboratoire IRIS (Aubervilliers)
Lieu : Bat 709, salle 3 (salle Cassini, Rdc)

