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Le CEA joue un rôle majeur dans la météorologie de l’espace, une discipline qui étudie le milieu interplanétaire autour du Soleil afin d’anticiper les phénomènes solaires et de protéger nos infrastructures technologiques. En effet, l’activité de notre étoile peut avoir des conséquences directes sur notre société, de plus en plus dépendante des technologies spatiales et terrestres.

Une équipe d’experts des relations Soleil-Terre, OFRAME, dont le CEA est membre fondateur avec le CNRS et l’ONERA, se sont regroupés pour faire ce suivi quotidien de notre étoile car celle-ci peut avoir des effets néfastes sur notre société technologique.

Dans le cadre des activités scientifiques autour du Soleil et des données du satellite Solar Orbiter et de l’instrument STIX, les physiciens solaires du CEA ont été mis en alerte sur l’évènement de dimanche dernier lors de L’éruption solaire intense de niveau X1.9 du 18 Janvier 2026.

Simulation numérique de la tempête solaire (CME, éjection de masse coronale) et de son onde de choc approchant la Terre avec le modèle magnéto-hydrodynamique 3-D Heliocast développé et opéré par le SNO STORMS.

« Dès l’annonce de cette éruption remarquable, nous avons lancé nos outils d’analyse et de prévision pour connaitre l’impact de cette intense activité solaire », précise Barbara Perri.

Une fois toute le monde sur le pont, ils ont pu mettre à jour leur bulletin national de prévision de météorologie de l’espace, en collectant tous les diagnostiques français. « En effet la France et le CEA possèdent les modèles du Soleil et des relations Soleil-Terre parmi les plus avancés au monde, permettant ainsi de faire des prévisions rapides et de qualité grandissante » indique Sacha Brun.

Le résultat de cette coordination nationale et les prévisions expliquant les aurores boréales vue en France lundi 19 Janvier, est accessible sur ce lien de l’INSU.

image de soleil en lumière ultraviolet extrême avec l’instrument EUI/FSI. crédit équipe SolarOrbiter/EUI

SolarOrbiter a à son bord 10 instruments scientifiques dont 6 font des mesures des propriétés des particules énergétiques et des ondes électromagnétiques dans le vent solaire, et 4 autres instruments qui font des images des émissions solaires dans différentes longueurs d’onde (visible, UV et X) ainsi que des cartes de champs. Ensemble, ces deux types de données permettent de reconstituer une image plus complète de ce qui se passe dans la couronne solaire et dans le vent solaire.

Voici quelques images et mesures avec l’instrument EUI (ci dessus), STIX (ci dessous), et METIS ci contre.

les courbes temporelles, surtout vers le 18 Janvier, de GOES et SOLO/STIX montrent la forte intensité de l’éruption (flare) excitant tous les canaux jusqu’aux hautes énergies non thermiques de 25 à 84 keV.

On voit que le Soleil est actif et complexe et que la CME « Coronal Mass Ejection » est très visible. La CME, éjection de masse coronale en français, est un phénomène solaire où d’énormes quantités de plasma et de champ magnétique sont projetées dans l’espace à très haute vitesse depuis la couronne du Soleil.

Sur l’image STIX (ronde) on voit dans le carré violet toute l’activité de flare que cette zone active du Soleil a généré et que les séries temporelles STIX/GOES montrent avec les lignes verticales jaunes, orange et rouges qui marquent chaque éruptions (pics sur les séries temporelles en fonction des bins d’énergie). Les ronds de couleurs correspondent aux lignes verticales de la série temporelle.

Les zones (bleu/rouge) proviennent du magnétogramme, c est à dire l’image magnétique de la photosphère du Soleil qui dicte si le champ magnétique est fermé ou ouvert.

L’éruption puissante du 18 janvier a projeté un immense nuage de particules et de champ magnétique dans l’espace, vu en images en lumière visible différentiées. crédit: équipe Solar Orbiter/Metis

Face à l’importance croissante de la météorologie de l’espace et de ses impacts sur notre société, l’ESA prépare la mission Vigil, prévue pour 2031 dans le cadre de son Space Safety Program. Le CEA assurera l’accompagnement scientifique de l’instrument JEDI, contribution de la NASA. Positionnée au point de Lagrange L5, Vigil permettra d’observer les régions solaires susceptibles de déclencher des éruptions avant qu’elles ne soient visibles depuis la Terre, offrant ainsi un temps d’avance pour affiner les prévisions.

De plus, les travaux fait au CEA sur les relations Soleil-Terre bénéficient également à l’exploration de nouveaux systèmes étoiles-planètes et la préparation d’une autre mission phare de l’ESA PLATO dont le lancement est prévue en 2027: « Les interactions entre le Soleil et la Terre constituent un système prototype que nous pouvons comparer avec ce que l’on observe par ailleurs dans d’autres exo-systémes planétaires pour bien en comprendre les mécanismes », souligne Antoine Strugarek.

Contacts : Barbara Perri, Allan Sacha Brun et Antoine Strugarek